Les habits neufs du terrorisme et du contre-terrorisme
Atelier fermé, Collège de France, Paris - 23-24 juin 2015

La dégradation de la situation politique du monde arabe que l’on avait notée lors de la session de juin 2014 s’est considérablement accentuée lors de cette année. Tous les pouvoirs en place ont fait de l’anti-terrorisme le discours de légitimation de leurs pratiques politiques au point de les imaginer concourir à un imaginaire prix George Bush de la guerre contre le terrorisme.

En fait, au Proche-Orient la dislocation syrienne a entraîné avec elle celle de l’Irak et a engendré l’émergence de l’État islamique. Ce dernier à son tour a suscité l’allégeance de divers mouvements jihadistes y compris en Afrique noire constituant à la fois une réalité et un fantasme d’un mouvement jihadiste unifié dont les prolongements s’étendraient jusqu’aux métropoles d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord. On est arrivé à une situation dans laquelle le jihad international version al-qaeda apparaît comme modérée. L’interrogation est de savoir si le jihadisme en se territorialisant ne se condamne pas à devenir vulnérable du fait de la constitution de coalitions ad hoc, passablement hétérogènes par ailleurs.

On a pu avoir l’illusion temporaire d’une division en soutiens et adversaires de l’État islamique qui aurait mis dans le même camp les États-Unis et l’Iran, mais encore une fois le réel s’est montré trop rétif. On est plutôt dans une opposition ternaire où la lutte contre le takfirisme de la part de l’Iran et de ses alliés est apparue comme un nouveau projet impérial suscitant de ce fait une nouvelle coalition sunnite montée par l’Arabie saoudite qui pour la première fois depuis longtemps a pris les armes.

Cette confusion a créé de nouvelles interrogations : les Frères musulmans pourraient-ils retrouver leur place dans cette nouvelle configuration des forces ? Quelle est la place de la Russie du fait de la nouvelle conflictualité née de la crise ukrainienne ? L’Égypte et la Jordanie peuvent-elles devenir les forces mercenaires des États du Golfe ? La guerre du Sahel africain va-t-elle déborder vers le rivage méditerranéen voire au-delà.

Au moment même de la rédaction de cette réflexion programmatique, on est à peu près sûr que la situation et les configurations se seront modifiées avant la tenue de cet atelier. Décidément les événements vont plus vites que la recherche, ce qui doit peut-être nous amener à nous interroger sur notre travail.
 
PROGRAMME DE LA CONFERENCE
 

Dans la presse
L'autre Maroc

'L'autre Maroc', un article de Moulay Hicham sur la revue française 'Pouvoirs'

Je sais que cette date restera gravée dans ma mémoire : nous sommes le jeudi 8 février 2018. Pour la première fois depuis le « changement », l'euphémisme français pour ce que mes compatriotes arabophones appellent plus justement thawra, « révolution », je suis de retour au Maroc.

Dans les médias
Printemps arabe, deux ans après

Interview de Moulay Hicham sur France 24, 13 novembre 2012

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