CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Table ronde: Générations arabes
Collège de France, Fondation Hugot

L’année 2011 constitue une rupture fondamentale dans l’histoire politique du monde arabe. Elle brise un cadre figé que l’on croyait inébranlable.
 
Les révolutions viennent mettre fin à des régimes politiques répressifs dont la longévité, plusieurs fois décennale, dépasse parfois la période durant laquelle les sociétés arabes nouvellement indépendantes ont pu jouir  d’une ouverture du champ politique. La soudaineté avec laquelle les mouvements de contestation ont surgi et la rapidité avec laquelle ils se sont propagés, trouvent en grande partie leur explication par le jeu des générations. Le rôle de la jeunesse dans les soulèvements détermine des ressorts qui ont permis le réveil arabe et, rétrospectivement, ceux qui ont rendu possibles l’avènement et la pérennité des dictatures.
 
Il est vrai que le thème Générations arabes invite d’emblée à porter l’attention sur la jeunesse arabe, cette génération dont on préjugeait qu’elle était dépolitisée, quand on ne la percevait pas comme ancrée dans un islamisme radical. Mais il invite du même coup à interroger les transformations, au fil des décennies, des différentes formes institutionnelles en cause et du rapport au politique des différentes composantes générationnelles.
 
Le thème générationnel sera abordé dans ses deux dimensions, synchronique et diachronique. Synchronique, en montrant la diversité au sein d’une même génération, et diachronique, en montrant l’évolution, dans l’approche même de l’action politique contestataire, entre les années de construction nationale au lendemain des indépendances, les années révolutionnaires des 1970 et les mouvements sociaux d’aujourd’hui.
 
A travers ce thème, ce sont des catégories antithétiques propres aux distinctions générationnelles, de permanence/ rupture, obéissance/ rébellion, transmission /occultation, créativité /reproduction, coexistence /exclusion, qui sont mobilisées et qui sont au cœur des dynamiques sociales. Elles renvoient à des sociétés qui, saisies de l’intérieur, s’avèrent être de plein pied dans une modernité que l’on n’a pas voulu regarder.
 
 
Henry Laurens et Hana Jaber

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Les intellectuels et les transformations historiques dans le monde arabe
17 et 18 mai 2014, Tunis

 
Pour lire le programme de la rencontre: cliquer ici
 
Les événements qui se sont produits au cours de l’hiver 2011 ont surpris et déstabilisé les intellectuels arabes qui, dans leur large majorité, n’ont pas vu venir les changements et ont même théorisé le non changement, convaincus que les régimes en place étaient voués à perdurer.
 
Pour comprendre et analyser cette attitude décalée, il importe de s’interroger sur le rôle et le statut des intellectuels dans les régimes autoritaires, ainsi que sur les rapports complexes entre l’intelligentsia et le pouvoir ; un rapport politique qui s’est constitué en lien avec les sociétés et les cultures arabes contemporaines (XIXème-XXème siècles), influencées par le réformisme et tiraillées entre les imaginaires politiques de l’ « Orient » et de «l’Occident ».
 
Cette rencontre qui a eu lieu les 17 et 18 mai 2014 à l’Hôtel Mövenpick Gammarth, n’a pas pour objet de dresser un état des lieux de type académique. Il s’agit plutôt de repenser l’itinéraire des intellectuels arabes dans une perspective historique pour saisir leurs discours et leurs positions dans un espace intellectuel et politique en pleine transformation. L’interrogation porte donc sur l’imbrication des deux sphères, intellectuelle et politique dans la mesure où les intellectuels sont à la fois producteurs de sens et aspirent également à jouer un rôle politique de manière à changer la société et la culture.
 
La réflexion a porté essentiellement sur le rapport des intellectuels arabes au politique, et s'est articulée autour de quatre axes ou panels : · Les intellectuels arabes dans l’histoire· Les intellectuels arabes, l’islam et l’altérité · Les intellectuels, les nouveaux médias et les réseaux sociaux · Enfin, une table ronde finale sur les intellectuels arabes et le pouvoir politique.
La Conférence organisée par la Fondation Moulay Hicham bénéficie de la coordination scientifique de Khadija Mohsen-Finan et Mohamed Kerrou.

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Conférence: Générations arabes
Fondation Hugot du Collège de France, Paris - 23-24 juin 2012

Dans le cadre de leurs rencontres annuelles,  la  Chaire  d’Histoire  contemporaine  du  monde arabe du Collège de France, la Fondation Moulay Hicham et la Fondation Hugot ont organisé, les 28 et 29 juin 2012, une table ronde intitulée Générations arabes.
 
L’année   2011   constitue   une   rupture   fondamentale   dans   l’histoire   politique   du   monde   arabe.   Elle  brise  un  cadre  figé  que  l’on  croyait  inébranlable. Les révolutions viennent mettre fin à des régimes politiques répressifs dont la longévité, plusieurs fois décennale, dépasse parfois la période durant laquelle les sociétés arabes nouvellement  indépendantes  ont  pu  joui    d’une   ouverture du champ politique. La soudaineté avec laquelle les mouvements de contestation ont surgi et la rapidité avec laquelle ils se sont propagés, trouvent en grande partie leur explication par le jeu des générations. Le rôle de la jeunesse dans les soulèvements détermine des ressorts qui ont permis le réveil arabe et, rétrospectivement,  ceux  qui  ont  rendu  possibles  l’avènement  et  la   pérennité des dictatures.
 
Il est vrai que le thème Générations arabes invite  d’emblée  à  porter   l’attention  sur  la  jeunesse  arabe,  cette  génération  dont  on  préjugeait  qu’elle  était  dépolitisée, quand on ne la percevait pas comme ancrée dans un islamisme radical. Mais il invite du même coup à interroger les transformations, au fil des décennies, des différentes formes institutionnelles en cause et du rapport au politique des différentes composantes générationnelles. Le thème générationnel sera abordé dans ses deux dimensions, synchronique et diachronique. Synchronique,   en   montrant   la   diversité   au   sein   d’une   même   génération,   et   diachronique,   en   montrant   l’évolution,     dans   l’approche   même de   l’action   politique   contestataire,   entre   les   années de construction nationale au lendemain des indépendances, les années révolutionnaires des 1970 et  les  mouvements  sociaux    d’aujourd’hui.
 
A travers ce thème, ce sont des catégories antithétiques propres aux distinctions générationnelles, de permanence/ rupture, obéissance/ rébellion, transmission /occultation, créativité  /reproduction, coexistence  /exclusion,  qui  sont  mobilisées  et  qui  sont  au  cœur  des   dynamiques sociales. Elles renvoient à des sociétés   qui,   saisies   de   l’intérieur,     s’avèrent   être   de  plein  pied  dans  une  modernité  que  l’on  n’a  pas  voulu  regarder.
 
 
Pour télécharger librement les interventions en PDF cliquer sur les liens suivants:

Titre: Générations arabes et Histoires
Auteur: Henry Laurens
 
TitreDemographic transition, demographic transition in the Arab World
Auteur: Youssef Courbage
 
Titre: 'Comment s'organise l'opposition intérieure en Syrie?'

Auteur: Nora Benkorich
 
Titre: 'Liban socialiste'
Auteur: Ahmed Beydoun
 
Titre: 'La jeunesse en Syrie, des générations du président?'
Auteur: Matthieu Rey
 
Titre: 'L'information autrement, la jeunesse tunisienne et la citoyenneté numérique'
Auteur: Emna Ben Jemaa
 
Titre: 'Le politique au Maroc à l'école des femmes'
Auteur: Jalila Sbai
 
Titre: 'La bande-son de la révolution arabe'
Auteur: Jean-Pierre Filiu
 
Titre: 'De l'armée'
Auteur: Tewfik Aclimandos
 
Titre: 'Naked Alia'
Auteur: Catherine Cornet

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Transition démocratique et développement dans le monde arabe
Conférence annuelle - Stanford

 
Programme:
1er jour - 26 Avril 2012:
9:00-10:30 Welcome and Opening Panel – International & Domestic Frameworks for DevelopmentChair: Larry Diamond, Stanford University
Adel Abdellatif, UNDPGeorge Kossaifi, Dar Al-Tanmiyah
10:30-11:00 Break
11:00-12:30 Session 1: Political Economy of ReformChair: Hicham Ben Abdallah, Stanford University
- Mongi Boughzala, University of Tunis El-Manar- Abdulwahab Alkebsi, Center for International Private Enterprise
12:30-1:30 Lunch
1:30-3:00 Session 2: Oil-Dependent Economies and Social and Political DevelopmentChair: Terry Karl, Stanford University (TBC)
- Hedi Larbi, World Bank- Ibrahim Saif, Carnegie Middle East Center
3:00-3:30 Break
3:30-5:00 Session 3: Youth, ICTs, and Development OpportunitiesChair: Sean Yom, Temple University
- Loubna Skalli-Hanna, American University- Hatoon Ajwad Al-Fassi, King Saud University
2ème jour - 27 Avril 2012: 9:00-10:30 Session 1: Civil Society DevelopmentChair: Lina Khatib, Stanford University
- Laryssa Chomiak, Centre d’Etudes Maghrebines a Tunis (CEMAT)- Rihab Elhaj, New Libya Foundation
10:30-11:00 Break
11:00-12:30 Session 2: Democratic Transition and the Political Development of WomenChair: Katie Zoglin, Human Rights Lawyer
- Valentine Moghadam, Northeastern University- Amaney Jamal, Princeton University
12:30-1:30 Lunch
1:30-3:00 Session 3: Minority Rights as a Key Component of DevelopmentChair: Joel Beinin, Stanford University
- Mona Makram-Ebeid, American University in Cairo- Nadim Shehadi, Chatham House
3:00-3:15 Break
3:15-4:30 Session 4: Towards Integrated Development in the Arab WorldChair: Larry Diamond, Stanford University
- Closing roundtable discussion: Scenarios for integrated development 4:30-5:30pm Reception
 

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Conférence: Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe
Fondation Hugot du Collège de France, Paris, 25-26 juin 2011

Paris, Fondation Hugot, 25-26 juin 2011

A première vue, la problématique migratoire renvoie à la rhétorique européenne marquée par la prégnance des discours sur la « menace migratoire » volontiers confondue avec la «menace terroriste». Or, la configuration géopolitique dans laquelle les régimes arabes déchus, contestés ou menacés se sont voulus le rempart de l’Occident contre un islamisme destructeur et une migration africaine et/ ou asiatique massive est fortement ébranlée ; de même, les mouvements de populations sur la frontière Est de la Lybie et l’exode massif et précipité de centaines de milliers de travailleurs migrants arabes, africains ou asiatique amènent des interrogations sur le sort de plusieurs millions de travailleurs migrants qui vivent et travaillent dans les différents pays de la région.

Comment vont se reconstruire les discours, les pratiques et les politiques migratoires au regard des nouvelles donnes? Pourtant, le fait migratoire ne se limite pas à ces deux observations et les conséquences qui peuvent en découler à l’échelle régionale ou mondiale. Les migrations renvoient également aux bouleversements dans les sociétés arabes diverses, à l’histoire desquelles elles sont étroitement liées ; à travers les circulations des hommes, des capitaux et des technologies, elles véhiculent des modèles idéologiques et politiques déterminants dans le changement de paradigme en cours aujourd’hui dans la région. Ce changement de paradigme se caractérise par le basculement de la primauté du déterminant géopolitique auquel les régimes arabes se sont historiquement adossés pour se mettre en place et / ou se consolider, à la primauté des droits politiques et sociaux. Au vu de ce basculement, la migration se pose comme un exutoire et comme un catalyseur.

A) La migration comme exutoire est à prendre dans le cadre des histoires nationales diverses, et des politiques historiquement menées par les régimes successifs. Malgré la diversité des histoires nationales des différents pays aujourd’hui engagés dans un processus irréversible, des points communs marquent les politiques des différents régimes. L’absence de droits politiques et sociaux, et la restriction progressive des identités nationales aux composantes arabo-musulmanes, sont déterminantes dans les migrations des minorités religieuses, des élites sociales, et des générations successives d’opposants politiques. Cette migration renvoie également aux politiques économiques adoptées par les différents régimes, fondées d’une part sur les subsides des émigrants et, d’autre part, sur le recours éventuel à une main-d’œuvre asiatique et/ ou africaine, tournante, en tout cas peu ancrée dans le tissu national, et peu vindicative.

B) La migration comme catalyseur des expériences individuelles et collectives renvoie à la circulation des divers modèles de sociétés et confirme l’inscription des sociétés arabes dans un système de valeurs mondialisées : dénonciation de la corruption, rejet des pouvoirs plénipotentiaires, aspiration à plus de libertés publiques et de droits sociaux. Force est de constater que les nouveaux médias et les réseaux sociaux électroniques, servent de catalyseur politique à ces aspirations et constituent un fait d’avant-garde générationnelle dont la puissance mobilisatrice s’est avérée subversive, efficace et contagieuse. Pendant deux jours, des chercheurs et des experts - historiens, politologues, sociologues, anthropologues- confrontent leurs points de vue sur cette problématique et sur les conséquences à terme sur les deux rives la Méditerranée, au vu de l’évolution de la situation dans la région et les pays européens. La réflexion s’organise autour de deux axes.

Le premier axe s’intitule Questions migratoires et mouvements sociaux : les nouveaux enjeux autour d’un nouveau paradigme. Il structure les nouvelles problématiques qui, au regard des déterminants sociaux et politiques des révoltes arabes, articulent les questions migratoires et s’imposent dans le champ géopolitique et de la mondialisation. Les politiques à l’échelle régionale et européenne, ainsi que les dispositifs destinés à contrôler les flux migratoires sont analysées à partir de cas comme ceux du Sultanat d’Oman, du Kuwaït et de la Jordanie.

Le deuxième axe s’intitule Histoires conflictuelles et identités partagées: figures de l’étranger et constructions identitaires. Cet axe s’appuie sur l’articulation entre construction nationale et constructions identitaires pour dégager la fonction des migrations dans les deux processus. Qu’il s’agisse de la marginalisation progressive des minorités dans les processus de construction nationale qui les stigmatise en tant qu’étrangers et les pousse à la migration, de leurs rôles plus ou moins déterminants dans les conflits et les arbitrages nationaux, de leur place dans les dynamiques en cours, de leur intégration aux débats publics, dans les sociétés d’accueil européennes ou arabes, c’est la différence entre la figure du migrant et celle de l’étranger, en amont et au cœur des tourmentes actuelles qui se trouve questionnée.

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Atelier 'Les révolutions du printemps arabe'
Institute for the Transregional Study of the Contemporary Middle East, North Africa and Central Asia - Princeton

18-19 Novembre 2011
Participants: Olivier Roy, Amaney Jamal, Farhad Khosrokhavar, Teije Donker, Virginie Collombier, Sari Hanafi, Marwa Daoudy, Rabab El Mahdi, Ellen Lust, Carol Hakim et Bernard Haykel
L'atelier s'est concentré sur deux thèmes en particulier et a posé  les questions suivantes concernant les développements du 'Printemps arabe':
1) Peut-on articuler les contours d'une 'contre révolution'? Sommes nous en présence d’une coalition? Quel nouveau paysage politique est en train d'émerger? Quel futur pour les acteurs qui se sont engagés dans ces contestations? Quel est le rôle des femmes dans ces révolutions, quel rôle pour les minorités?
2) Comment l'Islam est-il invoqué et par qui? Comment les mouvements islamistes sont-ils positionnés par rapport à ces développements? Quel débat interne y -a -t il à l'intérieur de ces mouvements? Quel futur pour le mouvement qui se définit comme Salafiste? Comment les Salafistes réagissent-ils aux défis de la démocratisation? En quels termes institutions et acteurs islamiques - et en particulier Al Azhar, le Council of Higher Scholars (Arabie Saudite), la ligue du monde musulman, les frères musulmans et les Salafistes posent-ils la question de la Sharia?

 

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe
Table-ronde - Paris

27-28 juin 2011, Fondation Hugot. Table ronde autour du thème 'Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe'. Son objectif était d’explorer la question des migrations au regard des mouvements sociaux qui secouent les différents pays de la région.

Pour visionner le discours d'ouverture de la table-ronde, cliquer sur le lien suivant: http://www.youtube.com/watch?v=s5aq8DbV32c ou visiter la chaine youtube de la Fondation sur demande.

A première vue, la problématique migratoire renvoie à la rhétorique européenne marquée par la prégnance des discours sur la « menace migratoire » volontiers confondue avec la « menace terroriste ». Or, la configuration géopolitique dans laquelle les régimes arabes déchus, contestés ou menacés se sont voulus le rempart de l’Occident contre un islamisme destructeur et une migration africaine et/ ou asiatique massive est fortement ébranlée ; de même, les mouvements de populations sur la frontière Est de la Lybie et l’exode massif et précipité de centaines de milliers de travailleurs migrants arabes, africains ou asiatique amènent des interrogations sur le sort de plusieurs millions de travailleurs migrants qui vivent et travaillent dans les différents pays de la région.

Comment vont se reconstruire les discours, les pratiques et les politiques migratoires au regard des nouvelles donnes? Pourtant, le fait migratoire ne se limite pas à ces deux observations et les conséquences qui peuvent en découler à l’échelle régionale ou mondiale. Les migrations renvoient également aux bouleversements dans les sociétés arabes diverses, à l’histoire desquelles elles sont étroitement liées ; à travers les circulations des hommes, des capitaux et des technologies, elles véhiculent des modèles idéologiques et politiques déterminants dans le changement de paradigme en cours aujourd’hui dans la région. Ce changement de paradigme se caractérise par le basculement de la primauté du déterminant géopolitique auquel les régimes arabes se sont historiquement adossés pour se mettre en place et / ou se consolider, à la primauté des droits politiques et sociaux. Au vu de ce basculement, la migration se pose comme un exutoire et comme un catalyseur.

A) La migration comme exutoire est à prendre dans le cadre des histoires nationales diverses, et des politiques historiquement menées par les régimes successifs. Malgré la diversité des histoires nationales des différents pays aujourd’hui engagés dans un processus irréversible, des points communs marquent les politiques des différents régimes. L’absence de droits politiques et sociaux, et la restriction progressive des identités nationales aux composantes arabo-musulmanes, sont déterminantes dans les migrations des minorités religieuses, des élites sociales, et des générations successives d’opposants politiques. Cette migration renvoie également aux politiques économiques adoptées par les différents régimes, fondées d’une part sur les subsides des émigrants et, d’autre part, sur le recours éventuel à une main-d’œuvre asiatique et/ ou africaine, tournante, en tout cas peu ancrée dans le tissu national, et peu vindicative.

B) La migration comme catalyseur des expériences individuelles et collectives renvoie à la circulation des divers modèles de sociétés et confirme l’inscription des sociétés arabes dans un système de valeurs mondialisées : dénonciation de la corruption, rejet des pouvoirs plénipotentiaires, aspiration à plus de libertés publiques et de droits sociaux. Force est de constater que les nouveaux médias et les réseaux sociaux électroniques, servent de catalyseur politique à ces aspirations et constituent un fait d’avant-garde générationnelle dont la puissance mobilisatrice s’est avérée subversive, efficace et contagieuse. Pendant deux jours, des chercheurs et des experts - historiens, politologues, sociologues, anthropologues- confrontent leurs points de vue sur cette problématique et sur les conséquences à terme sur les deux rives la Méditerranée, au vu de l’évolution de la situation dans la région et les pays européens. La réflexion s’organise autour de deux axes.

Le premier axe s’intitule Questions migratoires et mouvements sociaux : les nouveaux enjeux autour d’un nouveau paradigme. Il structure les nouvelles problématiques qui, au regard des déterminants sociaux et politiques des révoltes arabes, articulent les questions migratoires et s’imposent dans le champ géopolitique et de la mondialisation. Les politiques à l’échelle régionale et européenne, ainsi que les dispositifs destinés à contrôler les flux migratoires sont analysées à partir de cas comme ceux du Sultanat d’Oman, du Kuwaït et de la Jordanie.

Le deuxième axe s’intitule Histoires conflictuelles et identités partagées: figures de l’étranger et constructions identitaires. Cet axe s’appuie sur l’articulation entre construction nationale et constructions identitaires pour dégager la fonction des migrations dans les deux processus. Qu’il s’agisse de la marginalisation progressive des minorités dans les processus de construction nationale qui les stigmatise en tant qu’étrangers et les pousse à la migration, de leurs rôles plus ou moins déterminants dans les conflits et les arbitrages nationaux, de leur place dans les dynamiques en cours, de leur intégration aux débats publics, dans les sociétés d’accueil européennes ou arabes, c’est la différence entre la figure du migrant et celle de l’étranger, en amont et au cœur des tourmentes actuelles qui se trouve questionnée.

Programme de la table-ronde:

Liste des intervenants

1. Prince Moulay Hicham AL-ALAOUI S.A., politologue, chercheur, Université de Stanford, Stanford

2. Bertrand BADIE, politologue, professeur, CERI, IEP, Paris

3. Michèle BAUSSANT, anthropologue, chercheure, LESC, Nanterre

4. Ahmad BEYDOUN, sociologue, professeur, Institut des sciences sociales, Beyrouth

5. Farhad KHOSROKHAVAR , sociologue, directeur d’études, EHESS, Paris

6. Philippe FARGUES, démographe, professeur, Institut Européen de Florence, Florence

7. Constance de GOURCY, sociologue, maître de conférences, Université Aix-Marseille, Aix-en-Provence

8. Hana JABER, historienne, chercheure associée, Chaire d’Histoire du Monde arabe contemporain, Collège de France, Paris

9. Henry LAURENS, historien, professeur, titulaire de la Chaire d’Histoire du Monde arabe contemporain, Collège de France, Paris

10. France METRAL, anthropologue, chercheure, GREMMO, Lyon

11. Gregor MEIERING, politologue, consultant international, Koweit

12. Chiheb NASSER, chercheur, IEP, Paris

13. Olivier ROY, politologue, professeur, Institut Européen de Florence, Florence

14. Jihane SAFAR, démographe, chercheure associée, chaire d’Histoire du Monde arabe Contemporain, Paris

15. Jalila SBAÏ, historienne, chercheure associée, chaire d’Histoire du Monde arabe Contemporain, Paris

CONFÉRENCES ET ÉVÉNEMENTS
De l'activisme politique aux changements démocratiques dans le monde arabe
CDDRL- Stanford University

Le séminaire 'De l'activisme politique aux changements démocratiques dans le monde arabe', a réuni à l'Université de Stanford des chercheurs et des activistes afin d'approfondir les questions liées aux défis et aux réussites obtenues jusque-là en Egypte, Tunisie, Yémen, Jordanie, Maroc, Palestine et Arabie Saudite. Pour plus d'infos...

Conférence: Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe

A première vue, la problématique migratoire renvoie à la rhétorique européenne marquée par la prégnance des discours sur la « menace migratoire » volontiers confondue avec la «menace terroriste». Or, la configuration géopolitique dans laquelle les régimes arabes déchus, contestés ou menacés se sont voulus le rempart de l’Occident contre un islamisme destructeur et une migration africaine et/ ou asiatique massive est fortement ébranlée.

Atelier 'Les révolutions du printemps arabe'

L'atelier s'est concentré sur le questionnement suivant: Peut-on articuler les contours d'une 'contre révolution'? Sommes nous en présence d’une coalition? Quel nouveau paysage politique est en train d'émerger? Quel futur pour les acteurs qui se sont engagés dans ces contestations? Quel est le rôle des femmes dans ces révolutions, quel rôle pour les minorités? Comment l'Islam est-il invoqué et par qui?

Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe

27-28 juin 2011, Fondation Hugot. Table ronde autour du thème 'Faits migratoires et mouvements sociaux dans le monde arabe'. Son objectif était d’explorer la question des migrations au regard des mouvements sociaux qui secouent les différents pays de la région.

Pour visionner le discours d'ouverture de la table-ronde, cliquer sur le lien suivant: http://www.youtube.com/watch?v=s5aq8DbV32c ou visiter la chaine youtube de la Fondation sur demande.

A première vue, la problématique migratoire renvoie à la rhétorique européenne marquée par la prégnance des discours sur la « menace migratoire » volontiers confondue avec la « menace terroriste ». Or, la configuration géopolitique dans laquelle les régimes arabes déchus, contestés ou menacés se sont voulus le rempart de l’Occident contre un islamisme destructeur et une migration africaine et/ ou asiatique massive est fortement ébranlée ; de même, les mouvements de populations sur la frontière Est de la Lybie et l’exode massif et précipité de centaines de milliers de travailleurs migrants arabes, africains ou asiatique amènent des interrogations sur le sort de plusieurs millions de travailleurs migrants qui vivent et travaillent dans les différents pays de la région.

Comment vont se reconstruire les discours, les pratiques et les politiques migratoires au regard des nouvelles donnes? Pourtant, le fait migratoire ne se limite pas à ces deux observations et les conséquences qui peuvent en découler à l’échelle régionale ou mondiale. Les migrations renvoient également aux bouleversements dans les sociétés arabes diverses, à l’histoire desquelles elles sont étroitement liées ; à travers les circulations des hommes, des capitaux et des technologies, elles véhiculent des modèles idéologiques et politiques déterminants dans le changement de paradigme en cours aujourd’hui dans la région. Ce changement de paradigme se caractérise par le basculement de la primauté du déterminant géopolitique auquel les régimes arabes se sont historiquement adossés pour se mettre en place et / ou se consolider, à la primauté des droits politiques et sociaux. Au vu de ce basculement, la migration se pose comme un exutoire et comme un catalyseur.

A) La migration comme exutoire est à prendre dans le cadre des histoires nationales diverses, et des politiques historiquement menées par les régimes successifs. Malgré la diversité des histoires nationales des différents pays aujourd’hui engagés dans un processus irréversible, des points communs marquent les politiques des différents régimes. L’absence de droits politiques et sociaux, et la restriction progressive des identités nationales aux composantes arabo-musulmanes, sont déterminantes dans les migrations des minorités religieuses, des élites sociales, et des générations successives d’opposants politiques. Cette migration renvoie également aux politiques économiques adoptées par les différents régimes, fondées d’une part sur les subsides des émigrants et, d’autre part, sur le recours éventuel à une main-d’œuvre asiatique et/ ou africaine, tournante, en tout cas peu ancrée dans le tissu national, et peu vindicative.

B) La migration comme catalyseur des expériences individuelles et collectives renvoie à la circulation des divers modèles de sociétés et confirme l’inscription des sociétés arabes dans un système de valeurs mondialisées : dénonciation de la corruption, rejet des pouvoirs plénipotentiaires, aspiration à plus de libertés publiques et de droits sociaux. Force est de constater que les nouveaux médias et les réseaux sociaux électroniques, servent de catalyseur politique à ces aspirations et constituent un fait d’avant-garde générationnelle dont la puissance mobilisatrice s’est avérée subversive, efficace et contagieuse. Pendant deux jours, des chercheurs et des experts - historiens, politologues, sociologues, anthropologues- confrontent leurs points de vue sur cette problématique et sur les conséquences à terme sur les deux rives la Méditerranée, au vu de l’évolution de la situation dans la région et les pays européens. La réflexion s’organise autour de deux axes.

Le premier axe s’intitule Questions migratoires et mouvements sociaux : les nouveaux enjeux autour d’un nouveau paradigme. Il structure les nouvelles problématiques qui, au regard des déterminants sociaux et politiques des révoltes arabes, articulent les questions migratoires et s’imposent dans le champ géopolitique et de la mondialisation. Les politiques à l’échelle régionale et européenne, ainsi que les dispositifs destinés à contrôler les flux migratoires sont analysées à partir de cas comme ceux du Sultanat d’Oman, du Kuwaït et de la Jordanie.

Le deuxième axe s’intitule Histoires conflictuelles et identités partagées: figures de l’étranger et constructions identitaires. Cet axe s’appuie sur l’articulation entre construction nationale et constructions identitaires pour dégager la fonction des migrations dans les deux processus. Qu’il s’agisse de la marginalisation progressive des minorités dans les processus de construction nationale qui les stigmatise en tant qu’étrangers et les pousse à la migration, de leurs rôles plus ou moins déterminants dans les conflits et les arbitrages nationaux, de leur place dans les dynamiques en cours, de leur intégration aux débats publics, dans les sociétés d’accueil européennes ou arabes, c’est la différence entre la figure du migrant et celle de l’étranger, en amont et au cœur des tourmentes actuelles qui se trouve questionnée.

Programme de la table-ronde:

Liste des intervenants

1. Prince Moulay Hicham AL-ALAOUI S.A., politologue, chercheur, Université de Stanford, Stanford

2. Bertrand BADIE, politologue, professeur, CERI, IEP, Paris

3. Michèle BAUSSANT, anthropologue, chercheure, LESC, Nanterre

4. Ahmad BEYDOUN, sociologue, professeur, Institut des sciences sociales, Beyrouth

5. Farhad KHOSROKHAVAR , sociologue, directeur d’études, EHESS, Paris

6. Philippe FARGUES, démographe, professeur, Institut Européen de Florence, Florence

7. Constance de GOURCY, sociologue, maître de conférences, Université Aix-Marseille, Aix-en-Provence

8. Hana JABER, historienne, chercheure associée, Chaire d’Histoire du Monde arabe contemporain, Collège de France, Paris

9. Henry LAURENS, historien, professeur, titulaire de la Chaire d’Histoire du Monde arabe contemporain, Collège de France, Paris

10. France METRAL, anthropologue, chercheure, GREMMO, Lyon

11. Gregor MEIERING, politologue, consultant international, Koweit

12. Chiheb NASSER, chercheur, IEP, Paris

13. Olivier ROY, politologue, professeur, Institut Européen de Florence, Florence

14. Jihane SAFAR, démographe, chercheure associée, chaire d’Histoire du Monde arabe Contemporain, Paris

15. Jalila SBAÏ, historienne, chercheure associée, chaire d’Histoire du Monde arabe Contemporain, Paris

De l'activisme politique aux changements démocratiques dans le monde arabe

Le séminaire 'De l'activisme politique aux changements démocratiques dans le monde arabe', a réuni à l'Université de Stanford des chercheurs et des activistes afin d'approfondir les questions liées aux défis et aux réussites obtenues jusque-là en Egypte, Tunisie, Yémen, Jordanie, Maroc, Palestine et Arabie Saudite. Pour plus d'infos...